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Soutien aux activistes de Greenpeace en procès cet après-midi pour avoir repeint un avion en vert en 2021 ! Alors que le trafic aérien vient de retrouver ses niveaux précovid, à quand la fin du #greenwashing ? L'avion vert ? C'est celui qui ne vole pas !

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Responsable aérien et ferroviaire chez Réseau Action Climat

Pourra-t-on voler un jour à bord d'un avion "vert" ? Oui mais... Je vous en parle car aujourd'hui se tient le procès des activistes de Greenpeace qui ont repeint un avion en vert. L'objectif était de déconstruire le mythe d'un "avion vert", qui sauverait le climat sans réduire le trafic aérien. C'est d'ailleurs la position du président Macron : allez voir son interview chez Hugo Decrypte, c'est caricatural. https://lnkd.in/dbmR_8n4 Mais concrètement, ça serait quoi un "avion vert" ? Tour d'horizon des pistes les plus sérieuses : 1. L'avion électrique. Il existe déjà dans les aéroclubs mais personne n'y songe sérieusement pour l'aviation civile en raison du poids des batteries. Au mieux on aura des liaisons régionales où le train fait très bien l'affaire. 2. L’avion à hydrogène. Dans un scénario très très optimiste, le 1e modèle Airbus arriverait après 2035, pour un déploiement après 2050. Et les long-courriers, qui contribuent le plus au réchauffement climatique, ne seront pas concernés. Bref une solution lointaine, mineure, et hypothétique (il faudrait des volumes énormes d'hydrogène produit à partir de renouvelables). 3. Les agrocarburants. Produits à partir de cultures alimentaires (mauvaise idée !) ou de déchets agricoles (huiles, algues, fumier...), ils émettent moins de CO2. Le problème c'est que la "biomasse" (cad la quantité) de ces déchets organique est très limitée et convoitée par d'autres secteurs industriels. Le gouvernement a beau faire et refaire ses calculs, il n'y en aura pas assez. 4. Le "kérosène de synthèse". Fabriqué à partir d'hydrogène "vert" et de CO2, ici c'est le rendement global du procédé qui est en question. Pour le patron de Lufthansa, il faudrait la moitié de l'électricité allemande (!) juste pour produire du carburant synthétique à l’ensemble de sa flotte. Certains pourront prendre l'avion... mais tout le monde vivra dans le noir. En fait l'avion bas carbone... il existe déjà, puisque l'on sait faire un saut de puce en avion électrique ou un vol transatlantique avec des biocarburants. C'est le passage à l'échelle qui pose problème, ou dit autrement c'est l'aviation bas carbone qui n'est pas prête d'exister. Alors on fait quoi ? On arrête tout, on réfléchit et... on lit le rapport de l'ADEME : la modération du trafic est "le seul levier qui permet des baisses d’émissions significatives à court terme” et celui qui permet d’éviter le plus d’émissions à long terme. Si on ne fait pas voler moins d'avions, on explose nos "budgets carbone" et donc le réchauffement climatique. https://lnkd.in/d3guZtuY En résumé : il faut réduire le trafic aérien dès maintenant... pour pouvoir voler sans polluer dans le futur. Chiche ! (crédits photos : Denis Mayer, Greenpeace)

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