✨ Vendredi Récits ✨ Les récits peuvent-ils faire loi ? De semaine en semaine, nous explorons dans ces posts différentes facettes de la manière dont s’incarnent les récits. Les systèmes juridiques en sont une. Les lois incarnent le récit dominant d’une société et de son époque. Le système français pré-1944 qui ne reconnaissait pas le droit de vote aux femmes, ou pré-1965 qui ne les autorisait pas à ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari, reflétait bien l’imaginaire patriarcal que des militant·es et intellectuel·les ont réussi à faire évoluer. Au fil de l’histoire, les systèmes juridiques et politiques se sont élargis pour intégrer des individus autres que les hommes blancs, incarnant la transformation des imaginaires collectifs qui définissent ce qui est acceptable ou non. En effet, “lorsqu’ils sont partagés par un groupe d’individus, les imaginaires peuvent alors se matérialiser dans le monde réel et se transformer en normes sociales, en projets, en lois...” (ADEME, Des Récits et des Actes) Aujourd’hui, on constate à travers le monde un nouvel élargissement de nos conceptions du droit et de celles et ceux à qui il s’applique : les non-humains. A rebours de l’imaginaire dominant qui pose l’homme comme “maître et possesseur de la nature”, on accorde aux entités naturelles le droit d’être défendues contre les attaques du système extractiviste. 🌏 En Nouvelle-Zélande, le fleuve Whanganui a une personnalité juridique depuis 2017, ce qui lui permet de voir ses droits et intérêts défendus devant la justice 🌍 En 2022, la lagune Menor en Espagne a également reçu le statut de personnalité juridique 🌎 Depuis 2023, la nature au Panama a « le droit d’exister, de persister et de régénérer ses cycles » et « le droit de conserver sa biodiversité » Dans cet exemple, c’est le rapport au vivant et sa place qui sont repensés. De manière générale, les nouveaux récits permettent un élargissement de ce qui est envisageable, acceptable et désirable dans nos représentations, relations et donc, dans nos comportements et nos textes de lois. Chaque vendredi, nous vous proposons un post dédié aux récits qui font émerger les visions du monde alternatives afin de favoriser les transformations essentielles et contribuer à une bascule culturelle globale. 📅 Rendez-vous vendredi prochain pour un nouveau post sur les récits ! Et pour suivre le travail merveilleux mené sur les droits de la nature, on vous conseille de suivre Wild Legal ! Merci Lola Brena 😍 Elvire Laurans Sandy ARZUR Charles Hédouin Amalia Fougère Agathe Fonteneau Alicia Beranger Valentine Leroy Léa BOURRIENNE
Post de Sparknews
Plus de posts pertinents
-
LA DÉROISSANCE EST UN WOKISME ET UN CONSERVATISME - LETTRE DE SEPTEMBRE DE LA MCD Le mois dernier, Emmanuel Macron, commentant les commentaires sur la cérémonie d’ouverture des JO, prétendait que « la France, ça n’est ni le wokisme, ni le conservatisme ». À la MCD, nous osons défendre l’inverse : la décroissance est un conservatisme et un wokisme, mais elle n’est ni réactionnaire, ni libérale-progressiste. À l’instar de Günther Anders, nous pensons « qu’il ne suffit plus de transformer le monde ; avant tout il faut le préserver. Ensuite, nous pourrons le transformer, beaucoup, et même de façon révolutionnaire. Mais avant tout, nous devons être conservateurs au sens authentique, conservateurs dans un sens qu’aucun homme qui s’affiche comme conservateur n’accepterait.» C’était aussi l’intuition d’Albert Camus quand il disait que sa génération avait pour mission « d’empêcher que le monde ne se défasse », plutôt que de le refaire. Mais que devons nous conserver ? Les communs préalables aux individus : la nature (nous sommes donc écologistes) et la société (nous sommes donc socialistes). Cette attention à ce dont nous héritons, à ce qui précède notre naissance, ne nous empêche pas de valider qu’il existe des commun négatifs, dont le patriarcat et la domination coloniale constituent le pire. Ce sont des héritages dont nous voulons sortir, tout comme nous voulons sortir du monde de la croissance qui s’est largement appuyé, à l’instar du capitalisme, sur l’invisibilisation et l’exploitation gratuite de trois « ressources » considérées comme illimitées : la nature, les femmes et les colonies. La décroissance est donc woke, parce que systématiquement du côté de ces dominées, et ce, sans concessions. C’est alors sur une ligne de crête que se tiennent les décroissant.es : ne pas céder aux sirènes du libéralisme, aujourd’hui bien implanté à gauche, jusque dans les mouvements féministes et écologistes, sous la forme de l’horizontalisme, du relativisme, du nombrilisme, de la promotion de l’innovation et de l’accélération sociale et technologique… sans dégringoler du côté de la réaction et du mythe d’une nature humaine immuable et unique, encensant un ordre ancien mythifié au service de la justification des inégalités. Bon courage, Amitiés révolutionnaires, La MCD Pour retrouver cette chronique ou pour s'abonner à notre lettre quasi-mensuelle : https://lnkd.in/eb5g3k3s Crédit dessin : Robin Guinin
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
LA DÉROISSANCE EST UN WOKISME ET UN CONSERVATISME - LETTRE DE SEPTEMBRE DE LA MCD Le mois dernier, Emmanuel Macron, commentant les commentaires sur la cérémonie d’ouverture des JO, prétendait que « la France, ça n’est ni le wokisme, ni le conservatisme ». À la MCD, nous osons défendre l’inverse : la décroissance est un conservatisme et un wokisme, mais elle n’est ni réactionnaire, ni libérale-progressiste. À l’instar de Günther Anders, nous pensons « qu’il ne suffit plus de transformer le monde ; avant tout il faut le préserver. Ensuite, nous pourrons le transformer, beaucoup, et même de façon révolutionnaire. Mais avant tout, nous devons être conservateurs au sens authentique, conservateurs dans un sens qu’aucun homme qui s’affiche comme conservateur n’accepterait.» C’était aussi l’intuition d’Albert Camus quand il disait que sa génération avait pour mission « d’empêcher que le monde ne se défasse », plutôt que de le refaire. Mais que devons nous conserver ? Les communs préalables aux individus : la nature (nous sommes donc écologistes) et la société (nous sommes donc socialistes). Cette attention à ce dont nous héritons, à ce qui précède notre naissance, ne nous empêche pas de valider qu’il existe des commun négatifs, dont le patriarcat et la domination coloniale constituent le pire. Ce sont des héritages dont nous voulons sortir, tout comme nous voulons sortir du monde de la croissance qui s’est largement appuyé, à l’instar du capitalisme, sur l’invisibilisation et l’exploitation gratuite de trois « ressources » considérées comme illimitées : la nature, les femmes et les colonies. La décroissance est donc woke, parce que systématiquement du côté de ces dominées, et ce, sans concessions. C’est alors sur une ligne de crête que se tiennent les décroissant.es : ne pas céder aux sirènes du libéralisme, aujourd’hui bien implanté à gauche, jusque dans les mouvements féministes et écologistes, sous la forme de l’horizontalisme, du relativisme, du nombrilisme, de la promotion de l’innovation et de l’accélération sociale et technologique… sans dégringoler du côté de la réaction et du mythe d’une nature humaine immuable et unique, encensant un ordre ancien mythifié au service de la justification des inégalités. Bon courage, Amitiés révolutionnaires, La MCD Pour retrouver cette chronique ou pour s'abonner à notre lettre quasi-mensuelle : https://lnkd.in/eb5g3k3s Crédit dessin : Robin Guinin
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
-
De la #démocratie, cette pierre que n'a de cesse de devoir être continuellement portée en haut de la montagne. Si l'on pose que la démocratie repose sur la #vertu et la #connaissance des citoyens alors celle-ci est certainement malade. Elle l'est d'autant plus que nous faisons peu à peu quelques arrangements avec cette idée, découragés par son exigence trop inatteignable, tels des Sisyphe assis sur la montagne, las de porter leur pierre. Cet ambition est par nécessité une quête toujours inachevée. Même si elle repose sur des règles sociales et un système éducatif, elle n'est que le produit de la volonté d'un peuple sans cesse renouvelé. Elle l'est aussi par le caractère imparfait que nous percevons chez chacun de nos concitoyens voire en nous-mêmes. Qui ne s'est jamais dit à propos d'autrui: « Et en plus, il ou elle a le droit de vote 🙄»? Nous sommes prompts à considérer devant la bêtise supposée du propos de l'autre que son opinion ou sa croyance est illégitime. Nous nous plaisons à penser que tel ou tel argument intellectuel ne sera pas accessible au quidam trop idiot pour comprendre par lui-même ou même simplement trop intéressé par ses propres désirs pour se soucier de raison. Se faisant nous renonçons à l'idée de démocratie républicaine et nous la teintons progressivement d'aristocratie. Après tout, qui donc pourrait juger inopportun d'être gouverné par les meilleurs et de se les désigner? Et n'est-ce pas là toute la portée de ce néologisme passé dans le langage courant qu'est la méritocratie, se substituant avec malice à l'aristocratie dans ce que peut être son sens le plus étymologique. Face à la réalité d'un monde de plus en plus façonné, ou devrions-nous dire altéré par l'être humain, nous semblons cultiver notre ignorance parce que nous ne voudrions pas être confrontés au choix de culpabiliser ou devoir changer profondément nos comportements. Ironiquement les élites sociales, celles qui réussissent supposément par leur mérite, le font selon des critères qui n'ont en eux-mêmes rien de moral... pas plus qu'ils ne sont par défaut immoraux. Elles réussissent essentiellement selon ce qui pourrait être qualifié de loi de l'utilité économique de leur intelligence, très souvent déployée avec l'opportun concours de leur condition sociale. On s'efforce alors d'exprimer l'intelligence, ou ce qui en a socialement l'apparence, comme la vertu suprême. Et au passage, cette élite sociale ainsi construite finit par se convaincre elle-même de sa propre supériorité sur le commun des mortels. Pourtant si on se réfère à ce que Jankélévitch pense des vertus, le fait même de se croire le meilleur a déjà gâché la vertu de l'excellence. D'autant que la croyance ne saurait être une connaissance et ne peut donc être une base solide de décision. Nous voilà alors retombés au point de départ et la démocratie n'a véritablement d'espoir que dans l'idée humaniste d'élever chaque citoyen qui la compose. Et effectivement, cette pierre est fort lourde à porter.
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
-
Dans un monde en constante évolution, où les bouleversements sociaux, politiques et économiques se succèdent à un rythme effréné, il est facile de se sentir déconnecté de ce qui constitue les fondements de notre humanité : la vérité et la justice. Ces valeurs, essentielles à l’équilibre de nos sociétés, semblent parfois lointaines, voire inaccessibles, face aux défis complexes et aux injustices qui parsèment notre quotidien. Cependant, il est crucial de ne jamais perdre de vue que ces idéaux ne disparaissent pas, même lorsqu’ils semblent être éclipsés par des réalités difficiles. Ils demeurent présents, en attente, comme deux anges silencieux, prêts à se manifester dès que l’occasion se présente. Ils attendent, patiemment, que nous, en tant qu'individus et collectivité, saisissions l'opportunité de les incarner pleinement dans nos actions, nos choix et nos engagements. La vérité, loin d’être une simple quête intellectuelle ou un idéal abstrait, est un principe fondamental qui doit guider notre comportement quotidien. Elle nous invite à être honnêtes avec nous-mêmes et avec les autres, à chercher la compréhension et à éclairer les ténèbres de la tromperie et de l'ignorance. La justice, quant à elle, n’est pas seulement une question de lois et de sanctions, mais d’équité, de respect des droits de chacun et de lutte contre les inégalités. Elle nous pousse à défendre ce qui est juste, même lorsque la pression sociale ou politique pourrait nous pousser à faire autrement. Ces idéaux, bien qu’éternels, sont loin d’être figés. Ils évoluent avec notre capacité à les reconnaître et à les appliquer dans un monde qui change constamment. Chaque petite action en faveur de la vérité et de la justice contribue à leur préservation et à leur renouvellement, offrant ainsi à l’humanité un chemin plus éclairé et plus équitable. Ainsi, dans nos moments de doute, de confusion ou de résignation, souvenons-nous que la vérité et la justice ne sont pas des abstractions perdues dans le temps. Elles sont des forces vivantes et palpables, attendant simplement que nous ayons le courage et la détermination de les faire vivre, chaque jour, dans notre manière de penser, de vivre et d’agir.
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
-
Un grand merci au journaliste de Elucid, Laurent Ottavi, pour m'avoir permis d'exposer quelques unes des idées maîtresses de mon livre Manufacture de l'homme apolitique, aux éditions le Bord de l'eau. On y retrouve l'idée matricielle : " L'ultralibéralisme fait de l'Etat de droit une vitrine constitutionnelle pour mieux déréguler. Il en fait une coquille vide, une forme fossile". Et de nouvelles pistes de réflexion sont esquissées : "Laurent Ottavi : Quelles peuvent être les pistes à explorer pour retrouver une capacité d’action politique ? Caëla Gillespie : L’histoire du XXe siècle offre beaucoup de pistes. Et c’est pourquoi il faut retisser, de génération à génération, le fil de la mémoire, partager de nouveau le récit des grandes luttes. Aux débuts du féminisme universaliste, par exemple, les femmes sont dans la même situation que celle dans laquelle nous nous trouvons tous aujourd’hui : elles sont recluses dans la maisonnée, enfermées dans l’espace privé ; elles sont interdites d’espace public, et ne peuvent investir l’agora. Elles sont esseulées, invisibles les unes aux autres, et ne savent pas qu’elles vivent une même condition. Or, en l’espace de moins d’un siècle, ces mêmes femmes ont pris conscience de leur appartenance à une classe, la classe des femmes. Et cette conscience est en train de s’internationaliser. Il est donc possible de passer de la conscience esseulée à une conscience politique. Je travaille actuellement sur un autre livre qui constituera en quelque sorte la suite de la Manufacture de l’homme apolitique. Il s’agit de réfléchir à ce désir de Retour au politique, et plus concrètement, aux chemins que pourrait emprunter ce désir dans la conjoncture historique actuelle. Il faut partir de certains faits indéniables : l’atomisation des peuples, le refoulement de l’idée d’appartenance au corps politique, l’inconscience d’appartenir à des classes sociales. Il me semble néanmoins incontestable que s’éveille aujourd’hui un puissant désir d’agir. Ce désir est encore démuni ; il prend corps dans des individus esseulés, reclus derrière des écrans ; il n’est pas politiquement cultivé. Il y a de surcroît une amnésie collective, entretenue par l’ultra-libéralisme, qui cultive le temps immédiat et produit le refoulement de l’histoire, emportant dans un flux d’images l’histoire de l’État de droit et des luttes sociales. La situation est donc difficile. Mais si le désir peut trouver les chemins de l’action, le retour au politique peut aujourd’hui avoir lieu. La nécessité écologique nous y pousse, et c’est une nécessité réelle qui s’oppose à la fiction de la Nécessité économique. Les années à venir peuvent être celles d’une grande réflexion collective sur les modalités de ce retour au politique ; c’est par cette réflexion collective que nous pourrons sortir du magma de colère actuel." On peut retrouver l'article dans son intégralité, en accès libre ( voir le lien en commentaires).
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
Message personnel : La France est mon pays, depuis que la vie m’a été offerte, je la chéris chaque jour, conscient de tout ce que nous offre cette terre 🇫🇷. Sa langue si riche, son histoire qui fait d’elle une grande Dame et vous tous avec qui je fais société, à ma modeste place. Ce moment politique précipité par le président de la république après l’immense revers des européennes est sûrement le plus risqué depuis des décennies. J’ai toujours pensé que la transformation de notre société devait reposer sur une vision, la plus claire possible et qu’elle ne pouvait se faire qu’en suivant un chemin, qui requiert l’adhésion du plus grand nombre. Aujourd’hui, il règne un flou des plus artistiques sur les visions proposées. Le PR qui a construit son essor politique sur la fin de la droite et de la gauche, a renforcé leurs extrêmes. Sa façon de faire de la politique étant largement contestée aujourd’hui, nous voyons s’opposer des visions extrêmes qui n’amèneront selon moi, que désordre, appauvrissement et violence. D’autres ont essayé avant nous. Je vous invite à vous renseigner, dans la sérénité des livres d’histoire. Alors comment sortir de ce piège tendu ? Je suis intimement convaincu qu’il y a encore suffisamment de femmes et d’hommes de bonne volonté pour nourrir un front Républicain qui puisse proposer une alternative sur la vision et la méthode. L’immense colère qui s’est traduit dans les urnes, doit être entendue. Mais on ne répond pas à la colère par la colère, sauf à l’attiser, la nourrir. Seules des propositions concrètes et courageuses peuvent redonner espoir à la majorité de français qui veulent vivre dignement et continuer de faire société. Je précise que n’ayant jamais été encarté dans un parti, afin de préserver ma liberté de penser et d’action, c’est en tant que citoyen humaniste que je partage ces quelques réflexions et ne voterai donc jamais pour les extrêmes. Jusqu’au moment de mettre vos bulletins dans l’urne, rien n’est inéluctable. Vous pouvez décider d’une autre voie universaliste et constructive. En allant voter les 30 juin et 7 juillet, vous confierez votre voix à un élu, qui appliquera un programme et qui face à des situations difficiles, décidera en son âme et conscience. Il est donc utile de s’intéresser, au delà du programme présenté, aux valeurs humaines qu’il porte réellement. Merci de m’avoir lu.
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
✨ Vendredi Récits ✨ « Donner des droits à la Seine, c’est nourrir de nouveaux imaginaires, un levier non négociable pour l’espèce fabulatrice que nous sommes » Dans un post précédent, on explorait comment de nouveaux récits peuvent se changer en lois, par le prisme des droits de la nature. Cette semaine, au théâtre de la Concorde, se jouait un procès théâtralisé opposant une entreprise polluante fictive à la Seine. ⚖️ L’enjeu de l’évolution du droit pour y faire entrer de nouvelles entités (voir notre post : https://lnkd.in/eAh_PEbg) est parfaitement résumé dans cette phrase de Séverine VASSELIN. Ce qui se joue dans l’acceptation des droits de la nature, c’est la remise en cause d’un ordre établi (ici juridique, mais on peut étendre la logique à tout le reste : l’ordre économique, patriarcal…). Oui, il est essentiel de prendre conscience qu’un ordre établi n’est pas inéluctable - il est issu de choix, et peut être dés-établi, dès lors qu’on accepte de considérer d’autres choix, d’autres regards, de nouvelles expérimentations… dont cet événement est un bel exemple. 🤔 Qu’est-ce que ça change, si ce n’est que fictif ? Déjà, le fait même d’imaginer donner des droits à un fleuve, contribue à l’acceptabilité de l’idée (notre post sur l’imagination comme moteur de changement politique : https://lnkd.in/eMdxKxUz) Et par ailleurs, ça n’est pas (que) fictif : cela va donner lieu début 2025 à une Convention Citoyenne, elle bien réelle, pour “porter vers le législateur la proposition de loi qui pourrait reconnaître les droits de la Seine”, annonce Anne Hidalgo ! 💭 Rien de plus logique lorsqu’on sait que notre espèce prospère en se racontant des histoires : selon la fameuse phrase de Nancy Huston citée en intro, nous sommes bel et bien une “espèce fabulatrice”. Chaque vendredi, nous vous proposons un post dédié aux récits qui font émerger les visions du monde alternatives afin de favoriser les transformations essentielles et contribuer à une bascule culturelle globale. 📅 Rendez-vous vendredi prochain pour un nouveau post sur les récits ! Pour en savoir plus sur ce procès, retrouvez l’article de Vert, le média qui annonce la couleur en commentaire 🔎 Nicolas Mayer-Rossignol Sophie Louet GRIDAUH Marine Calmet Wild Legal Charlène Descollonges WATERTREK Lola Brena Sandy ARZUR Elvire Laurans Charles Hédouin Amalia Fougère Agathe Fonteneau Alicia Beranger Valentine Leroy Léa BOURRIENNE
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
Hier, je co-animais avec Sandrine Pellier le dernier atelier narratif de la promotion bordelaise 2024. J'ai bénéficié, en tant que personne "coachée", d'une conversation narrative magistralement menée par une participante, Tatiana Marchal, lors de laquelle il s'avère que j'ai souhaité déconstruire les frontons de nos mairies et autres bâtiments officiels : Dans "liberté, égalité, fraternité" en effet, fraternité (de frater, frère) ne me va pas car il exclut la moitié de la population. De la même façon, mes 3 soeurs et moi constituons une "fratrie" de 4 filles, un comble ! Mais aucun autre mot n'existe pourtant. Bref, j'ai d'abord proposé "liberté, égalité, humanité". Mais "humanité" restreint maintenant l'idée à l'espèce humaine et exclut l'immense majorité des êtres vivants sur la terre, même si beaucoup sont en voie de disparition... Je suggère alors, et si cela sonne moins bien, cela me semble plus juste pour notre avenir commun (et pour le mien en particulier !) : "Liberté, Egalité, Vivantité" ! Il me paraît souhaitable de déconstruire la devise : elle date de la Révolution Française, une révolution soucieuse de porter au pouvoir l'homme bourgeois et de renvoyer les femmes qui s'étaient mises à espérer des temps meilleurs à leurs devoirs de femmes. Les temps ont un peu changé depuis, non ? Je rappelle la date : 1789 ! Et si en plus, on pouvait faire de cette devise autre chose que de la quête de pouvoir et de conquêtes brutales... Là, je rêve évidemment.
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
-
Cher Francis, Il m’aura fallu deux jours pour publier ce texte. Tenter de trouver les bons mots pour décrire ce que nos huit années de collaboration ont signifié pour moi. Apprendre ta disparition, ce n’est pas seulement faire le deuil d’un ancien patron qui a compté, c’est aussi refermer un chapitre exceptionnel de ma vie. A mon arrivée à Evry en 2012, tu venais d’être élu maire et président d’agglo, après la nomination de Manuel Valls à Beauvau. Cette période était à la fois pleine de promesses et à fort enjeu. Ton esprit de responsabilité, ta rigueur et ton sens du devoir ont fait le reste. Bâtisseur et combattant acharné, tu es monté au front pour faire fonctionner une agglomération plurielle, rechercher des consensus, taper du poing sur la table chaque fois que l'intérêt général était en jeu. À Évry, tu as su construire un collectif solide capable d’affronter les tempêtes. Tu as défendu courageusement des projets ambitieux et hors normes, en portant haut les couleurs de ta ville. Homme de gauche, vrai républicain, tu aimais le combat politique et le débat d'idées. Tu défendais une vision très claire de ce que devait être l'action publique au coeur d'un territoire populaire, sans sectarisme. Fervent défenseur de la laïcité, tu savais qu’elle était la seule voie possible pour vivre ensemble. Élu député en 2018, tu as poursuivi ces combats dans l’hémicycle. Sur cette question comme sur tant d’autres, tu n’étais pas majoritaire mais tu as tenu bon. Orateur hors pair, élevé à l’école du PCF, quand tu prenais la parole, tu ne la rendais souvent qu’après avoir conclu ;) Avec toi il fallait gagner le droit de débattre, affûter ses arguments, construire une pensée solide. Ton exigence était immense. Pour répondre à tes attentes, il fallait avoir trois temps d’avance. Comprendre les enjeux, faire ses preuves sur le terrain, montrer son engagement, gagner enfin ta confiance. Ce fut une très grande école. Meneur de jeu collectif, il n’était certainement pas simple pour toi de te confronter à notre nouvelle génération, son caractère, son impatience, sa radicalité parfois. Tu as su t'en nourrir et assumer ce rôle de passeur. Par dessus tout, tu aimais rire et nous faire rire. De jeux de mots en contrepèteries en passant par les surnoms sur mesure dont tu nous affublais affectueusement, tu maniais la langue avec malice et détonnais parfois dans un registre parfaitement suranné. Une page se tourne et je me sens chanceuse et fière d’avoir emprunté ce chemin à tes côtés. Il restera tant de souvenirs partagés, de combats gagnés ensemble. Il restera ta voix grave, impressionnante, à faire trembler les murs quand tu reprenais de grandes chansons françaises. Il restera tes coups de gueule magistraux et ton rire tonitruant. Il me restera à moi, cette reprise de Joe Cocker que tu m’as fait découvrir un soir d'été et que je réécoute aujourd'hui avec émotion. C'était With a little help from my friends. Tu as été un sacré patron. Merci Francis
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire
-
-
A l’aune de la chienlit, il faut bien se rendre compte que les choix de vie que l’on nous propose, sont loin d’être séduisants. « Choix de vie » est même la pire des formulations puisqu’on ne nous propose aucune alternative. Une gauche débauchée aux ordres d’une idéologie mortifère, tels des Pol Pot de supermarché, voudrait nous imposer un communisme stalinien mâtiné de charia qui ferait rougir de honte le Kampuchéa démocratique, démocratique comme dans RDA, je pense. Ce qui est étonnant, c’est la complicité des partis de gauche dits traditionnels, mais je crois que c’est plus de la soumission à ce niveau de couardise. Il y a aussi un progressisme (mot emprunté à Staline, tout un programme) dévoyé aux ordres de la World Company, ce dernier s’étant fracassé lamentablement sur le mur de son incompétence. J’ai entendu un ancien Premier Ministre expliquer qu’il avait une histoire à écrire avec les français ! Laquelle ? Celle que vous nous avez déjà racontée ? Ces gens sont bizarres, au nom de quoi voudraient-ils nous imposer un style de vie ? J’appartiens à un courant de pensée qui favorisait la réussite, l’entraide, le respect, la connaissance et la souveraineté. Effectivement ce dernier s’est quelque peu vautré en quelques années, il court plutôt comme un canard sans tête, probablement par manque de chef et peut-être d’idées… Il y aurait bien une expérience que nous n’avons pas tenté… Mais bon, très peu pour moi, j’essaie toujours de comprendre leur programme, en ont-ils même le début d’un ? Je n’aime pas les gens qui se croient obligés de parler plus fort pour se faire entendre, je privilégierai toujours ceux qui recherchent l’écoute par leurs bons et vrais mots. Je crois sincèrement que beaucoup ont pété les plombs, ce qui créé une panne magistrale au Pays des Lumières Ce n’est pas la première fois que nous nous trouvons dans ce genre de situation, la IVème République, régime abâtardi, s’était déjà ramassée dans les mêmes conditions. Grâce à Dieu un homme du destin avait surgi sur l’amas de ruines. Aurons-nous à nouveau cette chance ?
Identifiez-vous pour afficher ou ajouter un commentaire