Cap sur le monde d'après
Pourquoi le "monde d’après" tient sa nouvelle chance
Cette expression a surgi lors du COVID lorsque l’humanité toute entière a été touchée par la maladie.
Le confinement a mis en lumière notre besoin de contacts : l’homme est un animal avant tout social et les valeurs individualistes ont montré leurs limites. Et nous avons perçu avec acuité ce que notre monde comportait de frénésie et deviné qu’un autre monde était possible.
Bien sûr ce monde d’après ne s’est pas bâti dès la sortie de crise, la peur et la défiance de cette période ne facilitait pas les choses. Nous n’étions pas d’accord sur comment imaginer et construire ce monde d’après. La nécessité de remettre la société en marche sans tarder a conduit à reproduire le passé, quelles que soient ses erreurs.
Voici qu’une nouvelle opportunité se présente à nous pour avancer vers ce nouveau monde : comme le COVID, le changement climatique frappe toute l’humanité et nous oblige à bouger les lignes. La nouveauté, c’est le quasi-consensus en France sur cette obligation : nous savons qu’une révolution arrive. Nous débattons encore vraiment sur une seule question : cette révolution sera-t-elle uniquement technique/écologique, ou également sociale ?
Sur la partie technique/écologique, les initiatives de la société civile française devancent les plans gouvernementaux depuis de longues années déjà. Grâce à ces initiatives, la France peut espérer être « le Pfizer de la crise écologique » car des solutions sorties de nos laboratoires sont déjà en cours d’expérimentation ou de mise en place dans presque tous les domaines de la décarbonation (textile, matériaux de construction, batteries, métaux…). C’est très encourageant : nous qui déclinions faute de pétrole, pouvons reprendre un rôle de leader mondial. Nos chercheurs vont nous fournir les solutions techniques nécessaires, bien sûr dans le désordre et par à-coups. Espérons que nos entreprises innovantes sauront obtenir
Mais cette décarbonation ne suffira pas et il nous faut un changement de société pour réussir notre révolution écologique. Ce pour 3 raisons :
1. Il nous a fallu près de 200 ans pour faire la révolution industrielle basée sur les énergies fossiles. Il va falloir tout refaire en 20 ans. Heureusement, nous sommes aujourd’hui bien mieux armés. Mais un aussi grand défi ne se relève que tous unis.
2. Pour mener la course sur l’écologie - et la faire en tête est tellement plus avantageux ! - nous avons besoin de nous engager tous complètement, en fonction de nos moyens. Le monde d’après doit à la fois permettre, compenser et récompenser cet effort national.
3. Vu le retard accumulé, l’évolution climatique nous impactera certainement malgré notre rattrapage, mais d’une façon que nous avons encore du mal à cerner. Qui sera frappé et comment l’anticiper reste une inconnue à explorer.
Il y a donc un enjeu fort de justice sociale dont beaucoup prennent conscience aujourd’hui.
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La première étape est de concevoir un véritable contrat social qui rétablisse la confiance.
La confiance est indispensable à l’aube de l’accélération des changements, où chacun doit être assuré qu’il sera accompagné dans sa reconversion et qu’il pourra en sortir gagnant. Notre engagement doit nous donner accès à un mode de vie désirable, incluant la possibilité de pratiquer une passion ou de poursuivre un rêve. Même si certains devront apprendre à désirer avant d’assouvir, le monde d’après doit continuer à nous offrir à tous une grande diversité de spectacle et de choix, source d’épanouissement.
Ce contrat social doit lier toutes les parties : citoyens, collectivités territoriales, gouvernement et administrations centrales, entreprises et syndicats, etc. Pour le maintenir, le monde d’après devra produire en continu une transparence totale sur la répartition de l’effort comme des gains. Et chaque partie doit savoir qu’en cas d’accident d’origine climatique, la solidarité nationale jouera pour aider les victimes à récupérer au plus vite.
Avec le retour de la confiance, le paysage politique pourra se recomposer autour d’un tronc commun de projets prioritaires. Si nous voulons que la réussite commune, dans 20 ans, soit à hauteur de nos espérances, une très large majorité devra y contribuer pour que les projets soient parfaitement acceptables et acceptés.
Le monde d’après nécessite un changement social, économique et culturel fort.
Les grands chantiers à mettre en route en parallèle du contrat social sont :
Si nous regardons 20, 30 ou 50 ans en arrière, le monde a tellement changé ! Et maintenant que les changements s’accélèrent, loin d’être une chimère, le monde d’après est inéluctable. C’est à nous d’y travailler pour qu’il ressemble à ce que nous souhaitons.