Deux fois plus de cessations d’activité que de cessions pour les TPE
« Nous sommes en train de vivre les effets de la non-reprise d’entreprise de dirigeants âgés. Il apparaît que l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération des dirigeants issue du baby-boom ne s’est pas traduite par une recrudescence des cessions. Nous sommes confrontés à un problème généralisé de non-cession en fin d’activité en France », explique Alain Tourdjman, directeur des études économiques et de la prospective du Groupe BPCE. Ce constat est vrai avant tout pour les TPE (jusqu’à 10 salariés). Ce phénomène de non-reprise touche beaucoup moins les PME.
Selon la dernière étude de BPCE L’Observatoire sur la cession-transmission des TPE, pour les quelques 1,7 million de TPE sociétés commerciales, il y a chaque année le double de cessation d’activité, donc de disparition de l’entreprise, que de cession-transmission.
En 2014 (dernières données disponibles) près de 63 000 disparitions non judiciaires de TPE sociétés commerciales et un peu plus de 38 000 disparitions judiciaires ont été enregistrées, soit un total de plus de 101 000 cessations d’activité. Sur la même période, il y a eu précisément 45 762 cessions-transmissions de TPE sociétés commerciales.
Une faible attractivité économique
Ces disparitions non judiciaires ont deux types d’origine : soit une raison objective comme une cause accidentelle, une situation financière difficile ou une valeur exclusivement liée à la personnalité du dirigeant ; soit une absence de repreneur, essentiellement due à un manque de préparation de la cession ou à une faible attractivité économique.
Notons que le taux de disparition des TPE atteint son maximum aux 60 – 65 ans des dirigeants puis recule pour atteindre un point bas au-delà de 70 ans. « Il est significatif que la proportion de morts naturelles, inférieure à 60 % jusqu’à 59 ans, s’élève brusquement à 80 % au-delà de 60 ans. In fine, sans parler du défaut judiciaire, la probabilité d’arrêter l’activité sans cession est supérieure à celle de vendre son affaire. Ce qui est compréhensible quand, à l’image du dirigeant, l’entreprise est jeune, apparaît beaucoup plus préoccupant quand celle-ci a largement fait la preuve de sa viabilité », souligne l’étude de BPCE L’Observatoire.