Enseigner moins mais mieux et élever ses exigences
Enseigner moins mais mieux tout en élevant les exigences de travail et d’engagement de nos étudiants. Voici une philosophie d’enseignement qui me semble réaliste et efficace et à laquelle j’adhère !
Pas plus tard qu’aujourd’hui, lors d’une observation en classe je faisais le constat navrant que l’enseignant accordait plus d’importance à couvrir son cours du point A au point B qu’à laisser du temps aux étudiants pour réfléchir à ce qui venait d’être vu et poser des questions.
Il était 14h45, la pause aurait dû avoir lieu à 14h30 et l’enseignant clamait que s’il y avait des questions il fallait les poser de suite car un nouveau sujet démarrerait à la fin de la pause soit 15 minutes plus tard. Inutile de préciser qu’il n’y a pas eu de questions, difficile en effet de porter la responsabilité de reporter à plus tard le moment de la pause et même de risquer de l’écourter !
Quel dommage ! Je me réjouis de pouvoir discuter avec cet enseignant et de l’amener à envisager des possibilités de changement. A vouloir trop bien faire, à vouloir couvrir un maximum de matière, à vouloir respecter un découpage de cours, il en oublie l’essentiel, c’est-à-dire les étudiants !
Lors de cette observation en classe, j’ai eu le sentiment que l’enseignant se donnait beaucoup de peine pour atteindre l’objectif qu’il s’était fixé, au point d’en oublier les étudiants !
Je préfère couvrir moins de matière, m’assurer qu’elle est comprise et profiter de l’organisation de la pédagogie inversée pour demander aux étudiants de visiter de nouveaux concepts avant de venir à mes cours. Nous gagnons ainsi un temps précieux qui permet de faire des exercices ou des activités complexes en classe et de répondre de manière individualisée aux questions des étudiants. En pratiquant la pédagogie inversée, on enseigne moins mais mieux et on accompagne mieux les étudiants dans l’acquisition de nouveaux concepts.
Bain, K. (2004). What the best college teachers do. Cambridge, Mass.: Harvard University Press.