Le référentiel MASE

Le référentiel MASE

Le MASE (Manuel d'Amélioration Sécurité Entreprise) est un référentiel de système de management pour la Santé et la Sécurité au Travail. C’est un modèle d'exigences prisé de nombreuses entreprises industrielles en France. Il est solidement implanté dans les industries de process.

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Le MASE est un référentiel alors que ce n’est pas une norme. Rappel : une norme est un référentiel mais l’inverse n’est pas vrai. Un référentiel n'est pas forcément une norme au sens où il n’y a pas de reconnaissance universelle. Or, le MASE n’est pas international. Cependant il est populaire en France parce qu’il structure un ensemble de standards, de recommandations et de bonnes pratiques métiers, reconnus par des professionnels dans de nombreux domaines. Et cela va en grandissant.

France Chimie est le partenaire majeur historique de MASE qui l’a initié autour de l’Étang de Berre dans les années 90. Il est désormais soutenu par l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics), l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières), le SNCT (Syndicat National de la Chaudronnerie, de la Tuyauterie et de la maintenance industrielle) et l’UIMM (Union des Industries Métallurgique et Minières).

MASE est donc logiquement un référentiel déployé en priorité dans la chimie et la pétrochimie mais aussi dans les secteurs tels que les ciments, l’énergie, la sidérurgie et la métallurgie. Il se répand ensuite dans les services supports : ingénierie, maintenance, nettoyage, intérim, sûreté, BTP, etc. Cependant, il reste un modèle très industriel, qui se rencontre principalement dans les industries de process et dans l’industrie lourde.

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Pour parler du MASE, nous avons demandé à Valérie Martinent, Directrice Générale de Squalean, qui accompagne des entreprises de toutes tailles en QSE, de nous faire partager son expérience.

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Bonjour Valérie.

Merci de prendre un instant pour nous faire part de votre perception du MASE.

Avec plaisir. Tout d’abord, j’aimerais souligner que le MASE est un guide pour la mise en œuvre opérationnelle d’une démarche de prévention. Ce qui le caractérise est la notion de management par activités, projets et opérations. Cette approche est clairement au centre du référentiel.

Le MASE prend aussi en compte la gestion en santé / sécurité des impacts que l’entreprise peut avoir sur l’environnement, ce qui n’est pas le cas de la norme ISO 45001, par exemple. 

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Pourquoi, selon vous, une entreprise aurait-elle intérêt à se faire « maser » ?

Simplement, pour s’ouvrir des marchés.

Historiquement, le MASE a été développé dans le cadre spécifique de l’intervention d’entreprises extérieures chez un donneur d’ordre. Il présente des exigences destinées à mieux maîtriser les risques liés à des travaux ou prestations. Il est vraiment ancré dans la pratique de terrain et concerne en priorité des travaux qui se font dans un contexte de coactivité.

Le succès du MASE vient des grands donneurs d’ordres qui le déploient et le promeuvent. Ils ont clairement voulu sécuriser l’intervention des entreprises extérieures afin qu’elles se mettent à leur niveau d’exigence.

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Y a-t-il à votre avis une philosophie particulière du MASE ?

L’approche est spécifique mais l’objectif en santé / sécurité est identique à celui d’autres système de management (typiquement ISO 45001 / OHSAS 18001).

La principale différence est que le MASE est un système inclusif. Au-delà du référentiel, MASE est en effet une association professionnelle avec ses branches régionales, donc aussi son réseau d’entreprises qu’elle anime et qu’elle fédère. Elles se reconnaissent mutuellement et échangent entre elles. Le réseau encourage les sociétés « masées » à travailler avec les autres sociétés « masées » qui partagent leurs bonnes pratiques et mutualisent leurs services, par exemple au niveau de la veille réglementaire, ou bien dans le cadre de conférences, d’événements et de communications sur la prévention.

Et dans la pratique, ça change quoi ?

Essentiellement, le MASE établit un référentiel en santé/sécurité comme l’ISO 45001, mais avec une dimension supplémentaire en environnement. Il est pensé pour être en ligne avec le Document Unique (DUERP) et les plans de prévention (PdP) entre co-contractants. Sans aller jusqu’à parler de cooptation, il a aussi, d’une certaine manière et je voudrais insister, une fonction d’évangélisation, un rôle messianique.

C’est un modèle que je qualifierais de directif. Donc, il est un peu rigide en fait. Il prend l’entreprise par la main à la manière d’une check-list qu’elle doit suivre à la lettre, à laquelle elle doit répondre point par point, et sur le respect de laquelle elle est évaluée et reçoit une note.

Le MASE est une excellente manière d’approcher un système de management pour une petite structure qui n’est pas déjà certifiée ISO et n’a pas l’expérience ni l’expertise des systèmes de management.

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Justement, dites-nous la différence entre un audit Mase et un audit système ISO ?

Un travail d’évaluation a été fait par le MASE lui-même pour comparer et aligner les deux approches. On voit qu’il y a quand même beaucoup plus de similitudes que de différences et c’est très rassurant. Les passerelles sont dans les deux sens.

Les passerelles entre les deux référentiels existent, avec en particulier la nécessité pour une entreprise certifiée MASE d'approfondir sa stratégie et de développer sa proactivité et pour une entreprise certifiée ISO 45001 de bien identifier et traiter les spécificités liées au contexte entreprise utilisatrice, entreprise intervenante ainsi que les risques d'atteinte à l'environnement.
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Télécharger le rapport au format PDF.

Cependant, il y a de vraies différences.

ISO est plus pragmatique mais ISO nécessite une plus grande maturité en termes de sécurité. ISO aborde la sécurité avec un niveau d'abstraction et de concept élevé, et surtout avec une approche d'exigence de résultats. Le MASE est plus pratique. Il évalue des situations opérationnelles et exprime souvent des exigences de moyens, exigences liées à la réglementation. Je me répète, il est adapté pour une entreprise qui n’est pas encore à l’aise avec un système de management. Pour une petite structure, c’est une première démarche bénéfique.

ISO laisse beaucoup plus de latitude pour prendre en compte ce que l’entreprise a décidé de mettre en place et construit par elle-même, alors que le MASE attend des réponses codifiées. Exemple : l’audit MASE va vérifier la présence d’extincteurs, la présence des casques, etc. alors que l’ISO va vérifier de façon plus générale si les EPI son bien portés.

« Est-ce que les EPI sont adaptés et bien portés ? » est une question ISO. « Est-ce que chaque opérateur a son casque, ses chaussures de sécurité, son gilet réfléchissant, etc. » est une question Mase.

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Quelle synthèse tirer ? Quelles recommandations faire ?

Il n’y a pas d’évidence, ni de logique conséquentielle. J’ai déjà rencontré des sociétés qui sont à la fois ISO 9001, ISO 14001 et Mase mais pas ISO 45001.

Ce que je peux affirmer, c’est que pour le MASE comme pour l’ISO, il vaut mieux se faire bien accompagner. Qu’il vaut toujours mieux avoir une vision globale QSE, qu’un point de vue partiel.

J’ai à l’esprit le cas d’une société qui a tenté l’aventure en solo et s’est présentée mal préparée à l’audit MASE. Elle a été recalée. Le problème, c’est qu’ensuite il faut reprendre certains points, ce qui est parfois plus difficile que de faire juste du premier coup avec un peu de conseil supplémentaire.

La situation est plus compliquée pour le consultant qui reprend le dossier et doit défaire ou refaire ce qui a été mal fait, mais aussi pour l’entreprise elle-même qui vit mal le premier échec et subit ce travail de remise à plat ou de correction comme une épreuve. Donc, si j’ai un conseil principal à donner, c’est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Une autre suggestion, peut-être ?

Oui. Une deuxième suggestion que j’aimerais faire est d’accompagner la mise en place de la démarche MASE par l’adoption d’un logiciel QSE. Ne pas négliger la digitalisation comme outil de structuration et support pour « simplexifier » et faciliter l’appropriation par le personnel. S’il est un temps pour mettre à plat un système sécurité et paramétrer un programme numérique, c’est bien celui-là.

Avec les outils de connexion (smartphone, tablette, laptop, etc.), on pourra ensuite par exemple avoir accès aux procédures sur les chantiers : formulaires, textes règlementaires, même à longue distance. C’est précieux.

J’ai un exemple à faire valoir. Un client a fait appel à une société d’interim ibérique qui a mis à sa disposition des nord-africains. Il lui aurait fallu un formulaire A1 de personnel détaché, ce qu’il ne savait pas en l’absence de veille règlementaire. Il s’est fait attraper par l’inspection du travail. Le MASE qui force à faire la veille règlementaire dans le cadre d’une politique SSE lui aurait certainement évité ce problème.

Le mot de la fin ?

Le plus important est moins le référentiel ou la norme que l’authenticité de la démarche mise en œuvre. Il faut être sérieux quant à la cohérence globale et l’analyse des risques des parties prenantes : politique, objectifs, indicateurs, plan d’action, bilan, etc. Et bien entendu il faut implémenter l’amélioration continue, le PDCA pour reboucler.

In fine, je ne saurais trop recommander le référentiel EFQM comme parapluie qui, quoique moins centré sur la sécurité, la fusionne utilement avec la dimension RSE, ceci d’une façon plus conceptuelle et avant-gardiste vraiment intéressante.

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Et vous, quelle est votre opinion ? Partagez votre point de vue.

Pour en savoir plus, consultez https://squalean.fr/performance-systeme/ et contactez-nous : https://squalean.fr/contact/.

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